La tendinite du fascia lata est l’une des blessures les plus courantes et handicapantes chez les runners. Plus connue sous le nom de « syndrome de l’essuie-glace », elle résulte du conflit  entre la face externe du fémur et la bandelette iliotibiale et se caractérise par une inflammation de la face externe du genou qui devient particulièrement douloureuse au fil des kilomètres. Elle peut même devenir handicapante au quotidien, puisque la douleur peut se réveiller lors d’activités simples comme la montée et descente d’escaliers ou de simples sauts…


Pour de plus amples explications sur les origines mécaniques de ce syndrome, je vous conseille ce site.


Si j’ai décidé de consacrer un article à ce sujet, c’est que j’ai été victime de cette blessure il y a plusieurs mois, m’empêchant ainsi de m’adonner à ma passion durant une longue période, ce qui explique (en partie) l’inactivité du blog. Le fait de partager mon expérience et surtout de donner des conseils de guérison ne peut être qu’utile aux autres coureuses et coureurs qui auront à faire face à cette blessure. Force est en effet de constater qu’il existe peu de textes et d’infos sur cette blessure très complexe à traiter. J’ai même parfois eu l’impression qu’il existait un certain mystère autour de cette blessure, autant du côté des runners que des professionnels de la santé (médecins, kinés…). Bref, on a tendance à entendre tout et n’importe quoi à propos de la tendinite du fascia lata et certains n’hésitent pas à se transformer en prêcheurs de mauvaises paroles (plusieurs personne – un médecin, d’autres runners, un vendeur de chez décathlon… – n’ont pas hésité à signer la fin de ma carrière de runner, m’expliquant que cette blessure est tout simplement impossible à guérir !) Pourtant c’est bien faux et je vais vous donner plusieurs conseils pour vous en sortir.

Les origines du mal…

Pour comprendre une blessure, il faut d’abord en revenir à ses origines. Au lendemain de mon marathon de Paris – râté (à cause d’une autre blessure…) – en avril dernier, je décide, l’air revanchard, de m’accorder que très peu de repos et de me replonger assez rapidement dans un entrainement intense (première erreur). J’enchaîne les sorties, je me donne à fond, sans vraiment écouter les signes que m’envoie mon corps… (deuxième erreur). Surtout je commence à réaliser de nouveaux types de sorties – séances en côtes et en escaliers – auxquelles mes jambes et surtout mes articulations ne sont pas habituées (troisième erreur). Bref pas malin le type… Et ce qui devait arriver arriva : A la suite d’une énième séance d’escaliers, je sens mon genou craquer et une grosse douleur apparaître m’obligeant à m’arrêter net. Mon tendon vient de dire stop !

Je me réveille le lendemain avec une grosse douleur à la palpation et une difficulté à marcher normalement, mais je me dis ce n’est rien et que cela va passer à coups d’anti-inflamatoires ! Malheureusement, il n’est est rien et rien ne s’arrange au fil des jours. C’est à ce moment qu’interviennent les oiseaux de mauvaise augure : d’abord le médecin que je vais consulter qui m’annonce que cette blessure est très difficile à guérir et qui me conseille de me mettre au vélo… ensuite un vendeur de chez décathlon auprès de qui je demande conseille pour l’achat d’une genouillère qui m’annonce tout simplement que ça ne sert à rien de s’acharner à vouloir continuer à courir… et je vous passe les pseudos conseils de beaucoup d’autres (pseudos) runners …

Bref, bien décidé à ne pas les écouter, je vais consulter une kiné du sport qui – pratiquant la course et le trail – va savoir me guider et me rassurer. Elle me confirme que la blessure est difficile à guérir mais pas insurmontable. Surtout, elle va m’accompagner durant plusieurs semaines, me prodiguer de nombreux soins et conseils– que je vais résumer ci-après – et me redonner espoir ! Blessé à la fin du mois d’avril, après de nombreuses semaines de repos (et une tentative de reprise avortée début juin) et de soins, j’ai réussi à reprendre la CAP dès le mois de septembre. Bref, avec BEAUCOUP de patience et un très bon accompagnement, j’ai pu en réchapper !

Mes conseils pour s’en sortir

Je vais maintenant vous résumer les principales méthodes que j’ai mises en œuvre pour guérir du syndrome du fascia lata. Bien évidemment, tout ceci est le fruit de mon expérience personnelle et je ne garantis pas que ces conseils vous permettront de guérir à coup sûr, mais ils  ne peuvent être qu’utiles.

Le repos (Au moins dans un premier temps)! La première mesure à mettre en œuvre est bien évidemment de se reposer et d’arrêter la pratique de la CAP. Cela ne sert à rien de vouloir s’acharner, cela ne va faire qu’aggraver la blessure, augmenter le temps de cicatrisation du tendon et donc de votre reprise de la pratique.

Corriger le problème mécanique ! A toute blessure, il y a une cause mécanique et physique. Si on ne corrige pas ce problème on ne pourra pas s’en sortir durablement. De mon côté, les causes sont surtout à chercher du côté de ma tendance à la supination qui est un facteur aggravant dans l’apparition de ce syndrome. Pour y remédier, je suis donc tout simplement revenu à des chaussures supinatrices et j’ai acheté des semelles correctrices afin de mieux absorber les chocs sur la face externe de la jambe et du genou.

Stopper les séances en escaliers et en côtes ! Les courses en côtes et surtout en escalier (le tendon vient frapper le fémur, surtout en descente, d’où le fameux effet « essuie glace ») sont des facteurs aggravants dans l’apparition de cette blessure. J’ai donc tout simplement arrêté ce genre de séances dans un premier temps, surtout les escaliers et je ne viens de reprendre que depuis quelques semaines les courses en côtes.

Se faire suivre par un(e) Kiné ! Cela a deux avantages : d’abord la personne va vous expliquer les mécanismes d’apparition de la blessure (qui est une condition sine qua non pour guérir !) ; d’autre part, elle va soulager la douleur, ce qui va permettre un retour à l’entrainement plus rapide !

Se mettre à d’autres sports ! Si le repos est nécessaire dans un premier temps, le repos total et de longue durée n’est pas conseillé car il faut que les muscles restent actifs. De toute façon, d’un point de vue psychologique, c’est très dur de rester inactif et de ne pas faire de sports durant de longs mois ! Donc investissez d’autres sports. De mon côté, je me suis largement mis au vélo (VTT puis vélo de route) puis à la natation dès que j’ai senti que la douleur diminuait et que je pouvais à nouveau faire du sport. Qui plus est, cela m’a permis de maintenir un certain degré de forme et de performance quand j’ai repris la Cap. Une fois guéri, j’en ai même profité pour intégrer ces sports (surtout le cyclisme) dans mes programmes d’entrainements !

La cryothérapie !  Je dois avouer que c’est sans doute une des clés de ma guérison. La tendinite du fascia lata est – comme son nom l’indique – une inflammation du tendon. L’une des meilleures solutions pour limiter ces effets et accélérer la guérison est de recourir au froid. Concrètement, j’ai systématiquement glacé mon genou chaque soirs (car la douleur est la plus aigüe la nuit) et après chaque activité sportive. Encore aujourd’hui, je n’hésite pas à le faire régulièrement et pour tout autre type de blessure.

Les Bandes K Tape. J’étais déjà adepte de ces bandes de strapping avant ma blessure mais je dois avouer qu’elles sont particulièrement efficaces dans le cas du syndrome du fascia lata. J’en porte encore aujourd’hui car elles permettent de prévenir l’apparition de ce syndrome pour les sujets à risque comme moi. Concrètement, elles viennent soutenir l’action du tendon du fascia lata et limitent ainsi sa friction avec le fémur. Toutefois, il faut prendre de nombreuses précautions avant de coller la bande au risque d’aggraver la blessure ! Voici un exemple de video explicative.

– Enfin, une fois guéri, il faut reprendre la course progressivement! C’est très dur mentalement parce qu’on a l’impression de reprendre à zéro mais c’est la meilleure manière de limiter les risques de rechute. J’ai ainsi commencé par courir de petites distances (6-7km) une fois par semaine, avant de progressivement augmenter le kilométrage et la fréquence de mes sorties ! C’est la raison pour laquelle il est intéressant de coupler la CAP avec d’autres sports (comme le cyclisme et la natation…) lors des premières semaines de la reprise.

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2 commentaires sur « Comment guérir d’une tendinite du fascia lata ? »

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